Test d’Agony sur Playstation 4, une virée en enfer ?

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 En novembre 2016, le studio Madmind lance une campagne Kickstarter pour Agony, un jeu qui réinventera la notion d’horreur dans le jeu vidéo. Promettant une expérience intense, presque déraisonnable pour le commun des mortels, le soft doit amener au bord de la folie… Le contrat est-il rempli ?

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ÉDITEUR :Screenshots Agony (1)
Playway
DÉVELOPPEUR :
Madmind
TYPE :
Horror-survival / FPS
MULTIJOUEURS :
Non
PLACE SUR DISQUE DUR :
À partir de 11Go
SORTIE :
29 mai 2018
CLASSIFICATION :
A partir de 18 ans.

Une ambition infernale…

 

Fondé en 2015 par 9 vétérans du jeu vidéo ayant travaillé sur des titres AAA (The Witcher 3 ou The Division pour ne citer qu’eux), Madmind a su conquérir le cœur des backers avec une présentation ensorcelante. L’objectif de financement initial de 66.666$ fut largement dépassé. En effet, il finit par atteindre la somme de 180.000$. Pour Agony, la première étape était franchie, il restait dorénavant aux créatifs à se mettre au boulot. D’autant plus que la somme rassemblée devait permettre l’ajout de plusieurs modifications importantes dans le gameplay.

 

Agony nous place dans la peau d’un pauvre bougre devant s’échapper de l’enfer dans lequel il est enfermé. Pour cela, il doit survivre à des créatures plus horribles les unes que les autres tout en résolvant différentes énigmes afin d’approcher la Déesse rouge, alias la maîtresse des lieux.

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L’enfer, c’est les autres…

 

Il faut entrer rapidement dans le sujet, Agony est une expérience difficile, mais pas forcément dans le bon sens du terme…Il nous faut maintenant faire, objectivement, la part des choses entre bons et moins bons éléments.

Commençons par un excellent point : l’univers dépeint est riche d’excellentes idées, c’est glauque, c’est gore, c’est sanglant, et bien sûr, il y a aussi ce petit côté luxure démoniaque. Si sur le papier, c’est extra, ce test fut réalisé sur Ps4 (donc sans graphismes “ultra”) nous a laissé un sentiment un peu plus amer. En effet, la réalisation graphique n’est pas à la hauteur des attentes du studio : de nombreux bugs graphiques viennent ternir l’ambiance que l’on voulait nous dépeindre, tearing constant (effet de découpage dans l’écran), explosions de lumière et de couleurs dans les décors, à contrario, certains passages sont tellement sombres qu’il est impossible de distinguer sa progression. La gestion de la lumière est donc problématique dans cette version console, mais il semblerait que les joueurs PC puissent profiter d’amélioration à ce niveau.

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Prochaine station à l’Agony…

 

La progression est aussi particulière qu’exigeante. Pour sauvegarder sa progression, il faut activer des miroirs afin de repartir de cet endroit. Mais après plusieurs échecs, ce checkpoint se désactivera et le joueur sera alors renvoyé au précédent miroir et ainsi de suite. Une nouvelle fois, le concept est bon, mais est entaché par des bugs et une autre limitation du gameplay. Cette limitation consiste en la possession des âmes égarées : au cours de notre parcours, notre personnage croise la route de PNJ ayant la tête couverte d’un sac, qu’il faut commencer par enlever. En cas de mort, le joueur ne retourne pas immédiatement au dernier miroir actif, mais dispose de quelques instants pour s’approprier le corps d’une de ces victimes. En jeu, ce n’est pas aussi simple, il n’y a aucune indication pour retrouver un de ces “corps”, il est impossible de repasser par certains passages et pour finir, le compteur de temps défile bien trop vite.

Le bestiaire est assez répétitif, mais les modèles présents sont inspirés et cohérents avec le monde construit. Autre bémol, l’IA est tantôt complètement dans les choux, tantôt dotée d’un sixième sens qu’il lui permet de détecter le joueur avec un regard aux rayons X.

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L’Agony sans fin…





Le gameplay est par ailleurs un point noir du titre, à moins que ce ne soit un autre bug local sur la console utilisée pour ce test, mais, même après l’avoir activé, nous n’avons pas vu de réel tutoriel pour expliquer les commandes et mécaniques du jeu, nous aurions apprécié être davantage guidés, au moins pour les premières minutes du jeu.

Le titre souffre d’un problème de plus en plus récurrent dans les jeux actuels, la taille de la police est insuffisante et impossible à régler, il faut plisser le regard pour lire les textes, ce phénomène est accentué par le choix de la-dite police de caractère, qui bien qu’elle soit belle complique un peu plus le déchiffrage.

La partie sonore est, quant à elle, plutôt correcte mais répétitive, le volume est parfois inégal et il va falloir tendre l’oreille pour tout entendre. La synchro labiale aurait pu être plus travaillée sachant que seul l’anglais est disponible en audio.

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VERDICT :

Il est clair que cet Agony aurait mérité un temps de gestation supplémentaire. Ne brillant jamais vraiment, les graphismes, la bande son et le gameplay auraient dû être d’un tout autre niveau pour être réellement satisfaisants, seule la durée de vie permet à l’ensemble de trouver un élément positif.  Il ressort également de tout cela une direction artistique forte. Fort heureusement le studio travaille en ce moment même sur différents patchs qui devraient revoir le jeu en profondeur. Cependant, en l’état actuel, le soft est plus proche de l’early access que du jeu commercial… Dans ce contexte, nous avons choisi de ne pas noter le titre qui n’est certainement pas représentatif des attentes des développeurs.

 

                          

 

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