Critique d’Annihilation d’Alex Garland

 

Après un excellent Ex machina sorti en 2015 et récompensé aux Oscars pour les meilleurs effets visuels, Alex Garland revient dans cette adaptation du très bon, mais peu connu, roman de Jeff VanderMerr. Le roman s’étalant sur trois ouvrages, Garland a t’il réussi à garder en haleine le spectateur afin d’y accorder une suite? Oui et Non. Explication :

 

SYNOPSIS :

Lena (Natalie Portman), ancienne militaire et biologiste, dois participer à une mission secrète destinée à comprendre ce qui est arrivé à son mari. Dans une zone militairement sécurisée, un mystérieux phénomène se propage sur une côte Américaine. A l’intérieur de cette zone, les lois de la science ainsi que de la physique, amènent les scientifiques à établir deux théories. La première est que l’ancienne équipe a été attaqué. La seconde est que les membres de l’équipe sont devenus fous. Dans les deux cas, le danger rôde, malgré une faune et une flore inédite.

1/ Les personnages :

Suite au retour de son mari disparut depuis un an, Lena, joué par la versatile Natalie Portman (Thor, Black Swan, V pour Vendetta,…) se confronte à une réalité qui la surpasse malgré ses talents de scientifique. Kane, interprété par le talentueux Oscar Isaac (Star Wars, X-men : Apocalypse, Robin des bois,…) revient chez lui après une mission secrète qui se clôtura avec comme seul survivant, lui-même. Seul problème, il n’a aucun souvenir, aucune conscience du temps écoulé durant cette année. Pour couronner le tout, il est atteint d’un mal inconnu. Ce qui poussera notre biologiste à découvrir l’origine des différents maux dont souffre Kane.

 

La physicienne Josie Radek (Tessa Thompson), l’anthropologue Cassie Sheppard (Tuva Novotny) et l’ambulancière paramédicale Anya Thorensen (Gina Rodriguez) accompagneront notre héroïne. La psychologue docteur Ventress (Jennifer Jason Leigh) supervise la mission. Nos cinq savantes, poussées par la soif de connaissances, vont se retrouver dans la « Zone X ». Paradis métamorphe, mais aussi d’une multitude de danger inconnu.

2/ La Zone X :

Après quatre jours, l’équipe n’a aucun souvenir de la façon dont elles sont arrivées là. Une grande partie de leur équipement, y compris leur GPS, ne semble pas fonctionner. En continuant plus loin , elles se retrouvent devant une cabane au bord d’un cours d’eau, habité par quelque chose. Elles découvrent un alligator muté émergeant de l’eau. Après l’avoir abattu et en inspectant la bête, nos rescapées comprennent alors que le reptile possède des dents de requin. Ce qui leurs suggèrent qu’il peut y avoir eu une sorte de croisement d’ADN au sein de la zone. Nos chercheuses vont commencer par la suite à se poser la question de continuer ou rebrousser chemin.

3/ Le danger inconnu :

Même si les croisements de certains animaux connus de leurs vivants sont remarquablement beaux, elles ne vont pas tarder à changer d’avis sur la poursuite de leurs objectifs : Le phare. Point central de la zone X, une force invisible semble avoir investi les lieux. Nos héroïnes devront, par la même occasion, se confronter aux avis négatifs entres elles, mais également apprendre à se battre contre leur descente aux enfers psychologique.

CRITIQUE :

1/ Scénario :

Alex Garland nous avait habitués à des scénarios d’une complexité folle. Cette fois-ci, la barre est haute. Un minimum de connaissances sur la thématique scientifique de l’ADN est nécessaire afin de ne pas se perdre dans la beauté des images. Même si un second visionnage peut être imposable, Garland n’hésite pas à simplifier son récit pour le grand public. Les énigmes entreprises par la trame scénaristique ne sont pas entièrement résolues avant la fin mais le fond de l’histoire est à la portée de toute personne aimant le fantastique.

2/ Les effets spéciaux :

Encore un point sans surprise. Certaines scènes sont d’une beauté à couper le souffle. Nous n’avions pas été aussi bluffé depuis « Avatar ». Même si Annihilation à encore un bon bout de chemin pour frôler la perfection du genre. La photographie est analytique. Chaque plan à son importance, détaillé par des décors tout aussi incroyables que perturbants.

3/ Les enjeux :

Nous arrivons aux points noirs de l’oeuvre de Garland. Après deux heures où nous avons pu suivre les cinq scientifiques, nous n’avons pas senti de réelles conséquences sur la globalité des protagonistes. Le but principal énoncé depuis le début ne fût pas résolu au moment du générique. Pire encore, notre principale héroïne semble parfois oubliée que sa quête devait lui fournir des réponses au mal inconnu contracté par son mari. Ce manque d’empathie peut être expliqué par certains flash-back mais ne sont jamais réellement expliqués avant la fin.

4/ Le casting :

Mis à part Tessa Thompson et Oscar Isaac qui sortent considérablement du lot, le reste du casting laisse à désirer. Les acteurs ne nous montrent aucune intention de transporter le spectateur dans ce monde surréaliste. Les comédiens ont plutôt l’air d’avoir une sensation de déjà vu avec une certaine pudeur sur leurs émotions. Cela est un grand manque qui se généralise avec l’absence d’enjeu du film.

CONCLUSION :

Note générale : 6,5/10

Annihilation d’Alex Garland est une adaptation réussite à plusieurs niveaux. Si le jeu des acteurs n’est pas au top de sa forme, l’originalité du scénario et sa complexité donneront aux spectateurs un goût de fraîcheur aux vues des nombreux blockbusters proposés par l’industrie cinématographique actuelle. Un film qui mélange les genres les plus en vogue du moment. Garland a néanmoins réussi une mixture de fantaisie et d’horreur là où d’autres ont échoué. Même si certains jump scare sont bien trop simplistes et ratés, nous ne pouvons pas passer à côté de l’intention de donner certaines sueurs froides. Les créatures et décors sont accompagnés d’une musique et de son strident, ce qui a pour réelle conséquence d’avoir plusieurs réflexes pilo-moteur.

 

Bande-Annonce VF :

 

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